Petit rappel des faits :
Un beau matin, un petit document tout à fait officiel est distribué dans nos classes de Khâgnes et d'Hypokhâgnes rémoises. Il indique qu'une fine équipe de chercheur viendra bientôt pour soumettre les étudiants à un test, sur la base du volontariat ; la présence en classe est tout de même obligatoire (hem...). Il s'agira d'un questionnaire puis d'un prélèvement d'ADN à partir d'échantillons buccaux. Bien que l'anonymat soit garanti, les coordonnées des étudiants sont réclamées. Nom, prénom, âge, sexe...
La réaction est quasi immédiate : refus catégorique des plus offusqués, septiscisme des plus placides, effroi des professeurs, débats interminables entre étudiants. Beaucoup se refusent à coopérer. Finalement, le proviseur refuse, sur la base d'un vice de forme administratif (geste courageux).
Ambiance...
En fin de compte, il ne fallait pas s'inquiéter du côté du fichage, du moins le semble-t-il. Mais cela n'enlève pas la gène immense devant cette histoire pleine de gros mots : ADN, test, délinquance...
Car on ne peut s'empêcher de constater les dérives d'une société vers un certain "biologisme", qui ferait de la génétique le facteur explicatif le plus direct du comportement humain. Un homme simplement ramené à un ensemble de rouages seulement supérieur à la machine la plus quelconque par sa complexité.
Je pose une question simple et franche : croyez vous que ceci est une machine ?
