Oui, sauf que ces deux scrutins sont très riches d'enseignement si on prend le temps de les observer de plus près.
Prenons le cas UMP :
- 39,5% au premier tour. Le second tour lui permettra d'obtenir 313 sièges, soit 54% du total des sièges.
- Conclusion dudit parti : "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, ce mode de scrutin majoritaire est ne bénédiction. Alleluia."
Le cas PS n'est pas mal non plus :
- 24,7% des voix au premier tour, 32% des sièges en fin de compte.
- Si le PS aujourd'hui s'ouvre sur la proportionnelle, reste que rien n'a été fait alors qu'il avait le pouvoir entre 1997 et 2002...
La suite est encore plus formidable !
Parti Communiste Français :
- 4,3% des voix du premier tour, 15 sièges.
Les Verts:
- 3.25% des voix du premier tour, 4 sièges
Le Mouvement Démocrate :
- 7,6% des voixdu premier tour, pour.........roulement de tambour.......... 3 sièges !
Conclusion préliminaires :
- le PCF, dont l'électorat est presque deux fois moins important que celui du MoDem, est cependant 5 fois plus représenté.
- les Verts, deux fois inférieurs au MoDem en terme d'électorat, ont un siège de plus.
- Le MoDem remporte un nombre de siège qui correspond à 0,5% du total des sièges de l'Assemblée nationale, pour un électorat qui est de 7,6 ! Comptez vous-même, c'est 15 fois moins que le résultat premier !
Et maintenant, la cerise sur le gateau, le cas du Parti Social Libéral Européen - Nouveau Centre :
- 2% des voix du premier tour..............................17 sièges !
Voilà en quelques points ce que j'en conclus :
- Il existe de très violents décalages entre le premier tour du scrutin, le plus "représentatif" et le résultat final. Peut on encore parler d'un parlement réprésentatif ? La quesion est légitime. Elle est grave pour un régime qui se dit et se veut démocratique
- Le bipartisme, cette division ancestrale, artificielle et savamment construite au cours de l'histoire et aujourd'hui par les Médias et les Partis dominants, qui a fait du monde politique français un être hémiplégique (le cerveau droit peut-il fonctionner sans le cerveau gauche, et réciproquement ?) tient son assise absolue dans ce mode de scrutin.
- Où l'on voit aussi que tout éloignement de la doctrine dominante, de gauche comme de droite, pour qu'elle soit tolérée et à peu près réprésentée (cyniquement, par quelques miettes) doit d'une manière ou d'une autre rester dans le rang. Sincèrement, le PC et les Verts existeraient-ils encore sans la têtée à la mamelle maternelle du PS ? Le Nouveau Centre et son 2% obtiendrait-il de quoi avoir un groupe parlementaire "autonome" (quelle blague !) sans avoir fait allégance au Prince élyséen ? Bien sûr que NON ! Preuve en est avec le résultat du MoDem, seul grand parti démocratique libre, qui ne conquiert que trois sièges et qui ne les doit qu'à lui même...
- L'argument courant qui renvoit à la IVème République le privilège de la corruption, du bidouillage de majorités, des petits arrangements entre amis, est vraiment fallacieux. Le PSLE, parti croupion de la majorité gratifié d'un groupe, n'est-il pas le meilleur exemple ?
- Gageons que sans une réprésentativité plus élargie, la France ne peut qu'être ingouvernable. Comment gouverner un pays lorsque ses représentants sont tels que le veulent les élites et non tels que le veut le peuple ?
- Ultime conclusion : il faut rapidement réformer le mode de scrutin, instiller une "dose de proportionnelle", un compromis qui permette à la fois représentativité et "gouvernabilité". Nous en reparlerons plus tard sur ce même blog.
Et parce qu'on voit toujours mieux en image, deux projections pour les paresseux :L'Assemblée nationale telle que le premier tour l'aurait décidé, l'Assemblée nationale telle que le mode de scrutin en a décidé.
Catulle
