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Où l'on songe que le racisme est universel... et la télé perverse

Par Catulle :: 04/07/2007 à 2:01 :: Général
Vu ici, lu dans Marianne : une porte-parole du mouvement Indigènes de la République, Houria Bouteldja, visuellement jeune et jolie donc télégénique (on verra que cela a son importance), lancée dans une diatribe contre le néo-colonialisme de ce pays, thèse défendue par son organisation, lance, au détour de la conversation, l'air de rien, avec un ton presque amusé de sa "bonne blague", les mots "Il faut rééduquer le reste de la société...la société occidentale. Nous on les appelles les sous-chiens, parce qu'il faut bien leur donner un nom :    les blancs !"


Racisme avéré. Racisme pris sur le fait. Flagrant délit de racisme.


  • En cela, j'espère et j'appelle de mes voeux des poursuites judiciaires contre l'auteur de ces propos.


  • J'appelle aussi de mes voeux à une médiatisation de ce "flagrant-délit".



Pourquoi ?
  • Parce que je sens déjà la vague monter. Le propos de comptoir du "vous voyez, quand c'est du racisme anti-blanc, ça fait pas une vague et on applaudit même à la fin !". Ce qui est flagrant avec ce genre d'histoire c'est à quel point les rejets xénophobes s'auto-alimentent, à quel point les haines s'entretiennent avec délectation dans un cycle dialectique de rejet. C'est un fait que l'on doit refuser. Parce qu'il n'existe pas de "sens" au racisisme, pas de monopole qui soit. Et le refuser, en l'occurrence, c'est donner des armes au FN et à tous les groupuscules identitaires qui pullulent un peu partout.
  • Parce que pour le plus grand malheur de l'humanité, il y a une universalité du racisme, qui s'applique à tous et par tous, quel que soit le groupe particulier visé. Parce que je refuse de donner des munitions aux extrêmes, parce que je refuse le racisme, quel qu'il soit, eu égart à mes convictions humanistes. Le point commun entre racisme anti-blanc et islamophobie, entre xénophobie et antisémitisme, par delà le préfixe, c'est le refus de l'alterité, le rejet de ce qui est Autre ; d'une certaine manière, la précision du "type" de racisme n'est qu'un superflu.





Une deuxième méditation me prend, que j'ai déjà pu développer à propos de notre "chère" camarade Valérie Lang, dans un épisode précédent.


En fin de compte, tout en refusant catégoriquement de dédouaner l'acte de Mme Bouteldja, je suis persuadé qu'il faut une fois de plus imputer une partie de la responsabilité de l'incident à l'émission elle-même. ce talk-show divertissant, dans la droite lignée des Ardisson et compagnie, arrive par le mélange des genres à des effets pervers saisissants. Avez-vous remarqué le presque sourire d'Edgar Morin qui écoute sans mot dire, à côté de cette jeune et jolie femme, si télégénique, à la voix tout à fait mélodieuse, en définitive la bonne cliente pour la télé ? L'intellectuel qu'il est aurait-il laissé passé la "sailli verbale" si elle avait été prononcé sur le plateau d'une émission où le jeu des lumières est moins savamment destiné à donner une atmosphère fashion et branché, et où le "thème" des "débats" (guillemets de rigueur) n'est pas annoncé en un pitch accrocheur diffusé dans une police d'écriture pastel et funkie ? La forme, celle qui distrait, celle qui fait passer le fond, ne permet pas au débat d'idée de prendre son plein développement. Tout est chronométré, tout est calibré. Le plateau est représentatif de cet optique du tout à la détente. La seule voix qui vient contredire cet écoeurant discours est celle d'un jeune rappeur, dont le mérite est d'avoir le coeur assez touché pour le dire, mais sans la rhétorique vigoureuse qui aurait été ici convenable. On est en somme face à la morale hédoniste dominante dans le microcosme télévisuel, on ne doit pas "se prendre la tête", et ses effets pervers les plus directs. En conséquence, tout se vaut, donc plus rien ne vaut rien, et on laisse passer des énormités, dont celle qui est à l'origine de ce billet. Le relativisme qui se gorge à la mamelle de l'hédonisme est un véritable fléau.


Notez-bien la conclusion de Fréderic Taddeï, qu'on a vu dans des émissions de meilleure qualité : "un dernier mot et après vous allez conclure en chansons." Car ne dit-on pas que tout se termine en chansons en France ? Il faudrait peut être faire mentir, parfois, le proverbe, lorsque c'est nécessaire. Il ne me semble pas que la vie humaine soit une succession de plaisirs et que nous ne soyons qu'une bande de jouisseurs nés : la gravité, parfois, a du bon.


Je crois sincèrement que les citoyens français méritent mieux. Ils ne sont pas, ils ne sont plus, ils ne veulent plus être des citoyens abêtis, vautrés, auquel on ne peut dispenser l'amer savoir qu'une fois enrobé d'un épais et liquoreux sirop sous peine de les voir s'assoupir comme de bons gros chats paresseux. Les citoyens qui ont fait l'admiration de tous les Européens il y a deux ans par leur soif de débat (conclue certes dans la douleur, probablement l'erreur, mais là n'est pas la question) et qui ont récidivé il y a quelques mois, en s'enflammant pour les idées et la paroles des politiques, les Français, ce peuple de soixante millions de cartésiens, peuvent-ils donc s'interesser à la politique si on la présente autrement qu'entre la poire et le fromage ? J'ai la faiblesse de croire que oui. Peut-être est-ce l'orgueil - allez savoir - , ou bien une certaine conception de l'homme, certes un peu moins facile et confortable que la doxa pseudo-hédoniste, qui me fait répondre : non !





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