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Catulle"Etre de droite ou de gauche, c'est être hémiplégique" Pierre Desproges

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La chute de la maison Farnèse

Par Catulle :: 06/07/2007 à 15:45 :: Textes importants
Il y a un air de Chartreuse de Parme dans cette affaire Clearstream post-sacre de Sarkozy Ier. Avec dans le rôle de Ernest-Ranuce IV, Dominique de Villepin surnommé amicalement Néron par l'ancienne impératrice douairière Bernadette Chirac.




Comme le tyranneau parmesan de l'Italie stendhalienne, à mi chemin entre celle de Garibaldi et celle de César Borgia*, Dominique de Villepin a un gout prononcé pour les petites intrigues et les lettres anonymes. Comme dans le roman, le retour de bâton est violent.

Cette parenthèse littéraire pour exprimer mon dégout certain face à ces barbouzeries d'un autre temps, d'un autre siècle, d'une vision de la politique poisseuse et vénimeuse que le MoDem refuse. Le machiavélisme ambiant est un poison pour la politique dans son acception la plus noble, et ce à toutes les échelles. C'est un violent cyanure lorsqu'il vient à toucher les plus hautes sphères de l'Etat, comme c'est le cas ici entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, respectivement Président de la République et ex-Premier Ministre, c'est également un arsenic qui distille goûte à goûte une mort lente et douloureuse lorsqu'il touche les niveaux les plus locaux. Un seul exemple : le fait qu'une responsable UDF-MoDem locale semble se rallier dès le premier tour des municipales à une liste "dite" commune avec l'UMP, comme si cela coulait de source...

La vertu en politique, l'expression peut paraître risible, surannée et "démodée", mais je crois au contraire qu'elle est centrale dans la naissance du MoDem en réaction à la désaffection politique qui était le risque depuis la réélection de Jacques Chirac. Nous avons ici le contrexemple parfait de tout ce qu'il ne faut plus faire : collusion, intrigue, utilisation frauduleuse des moyens de l'Etat, tout ce qui a justifié le vote de la censure du gouvernement Villepin par François Bayrou et quelques courageux, et
l'excellent discours prononcé alors.


Petite précision pour conclure : Ernest-Ranuce IV finit empoisonné par la Duchesse de Sanseverina, maîtresse du comte Mosca. Il semble que la fin de l'affaire Clearstream ressemblera elle aussi la mort par empoisonnement d'une vie politique, une mort douloureuse et paradoxale, puisque la victime est sont propre empoisonneur.


*Julien Gracq, En lisant en écrivant


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Montesquieu et Tocqueville

Par Catulle :: 01/07/2007 à 14:08 :: Textes importants
A tous je conseille la lecture de ce monument de verve politique, pas toujours connu, même des bayrouistes fervents, et qui n'est pas sans rappeler les tribunes les plus ironiques et les plus acerbes de la IIIème République. Rappel du contexte : Maurice Druon, de l'Académie française, vient de se fendre d'un article fielleux contre le centre et François Bayrou, dans le contexte de la candidature de Giscard à l'Académie française. Le "gaulliste historique" qu'est Druon incarne l'opposition au traître VGE qui a dit NON au général au referendum de 1969. Ca ne nous rajeunit pas...





Je me permet d'ailleurs une petite citation dudit texte, juste pour le plaisir :



Car nous sommes, en effet, militants des contre-pouvoirs. Particulièrement en ces temps où les amis de M. Druon nous font une « démocratie » de parti unique, de nominations féodales, de presse contrôlée par les amis. Chaque fois qu’un pouvoir cherchera à devenir absolu, on nous trouvera dans la réticence et s’il le faut dans la résistance.

En ce sens, nous sommes par essence des libéraux, dans la lignée de Tocqueville et de Montesquieu, ceux qui croient que le pouvoir absolu corrompt absolument. Ceux qui savent que l’erreur humaine étant ce qu’elle est, le pouvoir absolu, construit sur un socle de consciences couchées et de jugements abolis, est assuré de se tromper absolument.




Alors, quand je vous le dis que Montesquieu et Tocqueville ne sont pas des gros mots, loin de là, et qu'ils sont au contraire extrêmement pertinents pour les problématiques du MoDem ! Qui avait raison ? :D






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Les Sept Piliers de la Sagesse

Par Catulle :: 26/06/2007 à 23:18 :: Textes importants
La question est souvent la suivante : "mais le MoDem, pour le moment, c'est fondé sur du vide, non ? C'est la continuation de l'UDF sauf qu'on change le nom ?"

Eh bien non. Le MoDem n'est pas construit sur du vide. Il s'avère d'ailleurs qu'un discours, celui que François Bayrou a prononcé le 24 mai 2007, et qui fait date dans la jeune histoire du mouvement, donne les premiers fondements de ce nouvel espoir politique, et si l'on prend bien la peine de les lire attentivement, on y trouve TOUT :


Je voudrais en quelques mots tracer devant vous les principes qui me paraissent devoir être ceux de notre mouvement démocrate.

Premier principe : Le Mouvement démocrate est un mouvement de citoyens actifs. On n’y adhère pas pour seulement pour soutenir, pour être des supporters, mais pour participer à la mesure de ses forces et de sa disponibilité, pour construire des idées, un programme, des équipes.

Le second principe est un principe éthique. Je souhaite que nous écrivions une charte éthique qui nous engage. Ce qui m’a frappé dans les récents changements de camp aussi bien dans les rangs socialistes que dans les nôtres, ce ne sont pas les destins individuels, c’est la tristesse des citoyens qui avaient fait confiance à leurs responsables, devenus leurs amis, devenus une partie de leur famille. Les Français ont le sentiment que les politiques ne respectent pas les règles élémentaires de comportement que chacun des citoyens se voit imposer dans sa vie.

Pour bien des responsables politiques, l’engagement, c’est une carrière. Pour les citoyens, pour les militants engagés ou de cœur, c’est de la vie donnée, gratuitement, donnée à sa cité comme on la donne à ses enfants. Cela mérite d’être respecté. C’est pourquoi je veux une charte éthique à l’intérieur de notre mouvement démocrate qui indiquera quelle est la nature de l’engagement de l’adhérent, du responsable, du candidat et de l’élu du mouvement par rapport à ceux qui lui ont fait confiance.

Troisième principe : nous donnerons un sens plein et entier à l’idée de démocratie.

La démocratie, cela ne peut pas être seulement l’attribution du pouvoir par le vote. La démocratie, c’est aussi la responsabilité des citoyens entre les votes.

Pour que le citoyen soit responsable, il faut qu’il soit associé et informé, qu’on lui laisse le temps de réfléchir, qu’on lui donne les moyens de peser sur la décision que l’on prend en son nom. Je fais une grande différence entre « information », « réflexion » et « communication ». Car il y a des politiques de communication qui ont pour seul objet, en fait, d’empêcher l’information et la réflexion, de détourner l’attention de l’essentiel vers l’accessoire.

Et cela, ce sont les institutions qui le garantissent. Voilà pourquoi le mouvement démocrate défendra les principes d’ une réforme profonde de nos institutions républicaines, dont les piliers seront la séparation des pouvoirs, à l’intérieur du pouvoir politique, et aussi entre le pouvoir politique, le pouvoir économique et le pouvoir médiatique. Nous défendrons le respect du pluralisme et la qualité de l’information et du débat public. Nous défendrons donc une loi électorale juste, celle qui existe partout en Europe, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, et qui garantit à toutes les grandes sensibilités démocratiques leur droit à l’expression et à la représentation.

Quatrième principe : L’action du Mouvement démocrate sera fondée sur la vérité, en matière économique, comme en matière sociale. Pour moi, dans un projet de société, notamment dans le monde de l’économie et du social, il n’y a d’idéal que dans le réel. L’idéal ne doit pas être du domaine du virtuel, ce n’est pas une idéologie, il doit s’incarner et s’enraciner. C’est pourquoi nous associerons à notre action des chercheurs, des universitaires, des économistes, des sociologues avec qui nous confronterons, à intervalles réguliers, nos intuitions et nos réflexions.

Cinquième principe : il faut penser l’avenir. J’ai été frappé, vivant cette campagne présidentielle de l’intérieur, de l’absence des intellectuels. Excepté sur le registre de la transgression, lorsqu’ils changeaient de bord, et particulièrement sur le registre de la transgression nationaliste, dont on verra qu’elle est sans avenir. Nous avons besoin de retrouver l’enracinement intellectuel de l’action politique.

J’ai employé à dessein l’expression « enracinement intellectuel », car le monde intellectuel s’appauvrit quand il se sépare de la réalité sociale. C’est pourquoi le Modem se fixe pour objectif de faire partager la réflexion sur l’avenir à l’ensemble du champ social, universitaires et intellectuels, créateurs et interprètes dans le monde de la culture, artistes et savants, ouvriers, techniciens, salariés, agriculteurs, étudiants, artisans et entrepreneurs, retraités ou passagers sans bagage dans notre société. Pour cela, il est vrai qu’Internet est un formidable outil auquel nous voulons réfléchir et par lequel nous voulons travailler.

Sixième principe : Le principe du Mouvement démocrate est le rassemblement. Le Modem affirme que chaque fois que quelque chose d’essentiel est en jeu pour la nation, il est prêt à travailler avec toutes les forces démocratiques du pays. Et chaque fois que l’on abordera l’action de proximité, la démocratie locale, il est prêt à faire naître de larges rassemblements. Dans le champ de la démocratie, nous n’avons pas d’ennemis. Nous considérons que l’affrontement entre la droite et la gauche, cette grille de lecture du siècle passé, ne permet plus de résoudre les problèmes de notre temps. Nous sommes particulièrement heureux de trouver dans nos rangs des femmes et des hommes qui viennent de camps différents et de parcours politique différents. Pour nous, c’est un enrichissement.

Septième principe : le but principal du Mouvement démocrate sera la naissance et la promotion d’une génération politique nouvelle. La vie a fait que nous avons été en grande partie, privés de notables. Il faut faire de cet accident une force. L’accueil, la détection, le repérage, la formation, l’entraînement de cette génération politique nouvelle est un magnifique défi, que nous sommes les seuls, par la force des choses, les seuls désormais à pouvoir relever.

Je veux vous dire ma conviction : ce mouvement nouveau, ce mouvement démocrate, il est tout neuf et il a des atouts sans précédent. Des millions de Français l’attendent. Ils ont envie d’un mouvement positif, qui change les visages et les pratiques, qui ne soit pas sectaire, mais qui propose. Ce mouvement est le seul, dans la législature qui vient, qui pourra les défendre, avec courage et avec liberté.

Tout est à construire, et comme vous êtes là, vous et les centaines de milliers que vous représentez, alors le combat, forcément, est gagné. On ne le voit pas encore, comme on ne voit pas le soleil quand l’aube approche. Mais ce combat là, ce combat, est gagné !


Relire Tocqueville

Par Catulle :: 22/06/2007 à 1:17 :: Textes importants
   Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l'origine de tous les pouvoirs. Suis-je en contradiction avec moi-même?
Il existe une loi générale qui a été faite ou du moins adoptée, non pas seulement par la majorité de tel ou tel peuple, mais par la majorité de tous les hommes. Cette loi, c'est la justice.

La justice forme donc la borne du droit de chaque peuple.
Une nation est comme un jury chargé de représenter la société universelle et d'appliquer la justice qui est sa loi. Le jury, qui représente la société, doit-il avoir plus de puissance que la société elle-même dont il applique les lois?

Quand donc je refuse d'obéir à une loi injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander; j'en appelle seulement de la souveraineté du peuple à la souveraineté du genre humain. Il y a des gens qui n'ont pas craint de dire qu'un peuple, dans les objets qui n'intéressaient que lui-même, ne pouvait sortir entièrement des limites de la justice et de la raison, et qu'ainsi on ne devait pas craindre de donner tout pouvoir à la majorité qui le représente. Mais c'est là un langage d'esclave.

Qu'est-ce donc une majorité prise collectivement sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraire à un autre individu qu'on nomme la minorité? Or, si vous admettez qu'un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n'admettez-vous pas la même chose pour une majorité? Les hommes, en se réunissant, ont-ils changé de caractère? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts?

Pour moi je ne le saurais le croire; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l'accorderai jamais à plusieurs.
Ce n'est pas que, pour conserver la liberté, je crois qu'on puisse mélanger plusieurs principes dans un même gouvernement, de manière à les opposer réellement l'un à l'autre.

Le gouvernement qu'on appelle mixte m'a toujours semblé une chimère. Il n'y a pas, à vrai dire, de gouvernement mixte (dans le sens qu'on donne a ce mot), parce que, dans chaque société, on finit par découvrir un principe d'action qui domine tous les autres.
L'Angleterre du dernier siècle, qu'on a particulièrement citée comme exemple de ces sortes de gouvernements, était un État essentiellement aristocratique, bien qu'il se trouvât dans son sein de grands éléments de démocratie; car les lois et les moeurs y étaient ainsi établies que l'aristocratie devait toujours, à la longue, y prédominer et diriger à sa volonté les affaires publiques.

L'erreur est venue de ce que, voyant sans cesse les intérêts des grands aux prises avec ceux du peuple, on n'a songé qu'à la lutte, au lieu de faire attention au résultat de cette lutte, qui était le point important. Quand une société en vient à avoir réellement un gouvernement mixte, c'est-à-dire également partagé entre des principes contraires, elle entre en révolution ou elle se dissout.

Je pense donc qu'il faut toujours placer quelque part un pouvoir social supérieur à tous les autres, mais je crois la liberté en péril lorsque ce pouvoir ne trouve devant lui aucun obstacle qui puisse retenir sa marche et lui donner le temps de se modérer lui-même.

La toute-puissance me semble en soi une chose mauvaise et dangereuse. Son exercice me parait au-dessus des forces de l'homme, quel qu'il soit, et je ne vois que Dieu qui puisse sans danger être tout-puissant, parce que sa sagesse et sa justice sont toujours égales à son pouvoir.

II n'y a pas donc sur la terre d'autorité si respectable en elle-même, ou revêtue d'un droit si sacré, que je voulusse laisser agir sans contrôle et dominer sans obstacles. Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu'on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu'on l'exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis: là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d'autre lois.


Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organisé aux Etats-Unis, ce n'est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible. Et ce qui me répugne le plus en Amérique, ce n'est pas l'extrême liberté qui y règne, c'est le peu de garantie qu'on y trouve contre la tyrannie.                  




Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol. I, Deuxième partie, chapitre VII







Ces quelques pages de la Démocratie en Amérique ont gardé intact le pouvoir de provoquer une intense réflexion chez le lecteur. De nous rappeler le risque, au fond toujours réelle, qu'une démocratie dans laquelle les citoyens se désinteresseraient de la chose publique finirait par se décomposer et devenir le contraire de sa propre définition.

Il est nécessaire de protéger notre Démocratie. Il est nécessaire de "démocratiser" notre démocratie.


Les propositions du MoDem, parmi lesquelles :

  • Election du parlement à la proportionnelle
  • Rééquilibrage des pouvoirs entre le Parlement et le Gouvernement
  • Garanties institutionnelles sur la liberté et l'intégrité de la Presse et du Pouvoir médiatique

vont dans le bon sens.

Le Mouvement Démocrate soutient un modèle de gouvernement pleinement démocratique qui est aussi celui d'une société pleinement démocratique et moderne.


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